Le Burkina Faso lance mercredi 29 novembre prochain « la plus grande centrale solaire de l’Afrique de l’Ouest ». Une première dans ce pays qui veut se tourner vers les énergies renouvelables, pour combler le déficit qui l’oblige à importer de l’électricité du Ghana et de Côte d’Ivoire.

Sur le site de Zagtouli, à une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de la capitale, Ouagadougou, miroitent au soleil, sur une superficie de 55 hectares, 129.600 panneaux de 260 watts produisant 33 mégawatts d‘énergie.

L’ouvrage doit être inauguré officiellement par les présidents burkinabé Roch Marc Christian Kaboré et français Emmanuel Macron, en visite dans le pays.

« Depuis six semaines, la centrale est en phase d’essai avec une production de 14 MW, et elle atteindra le pic des 33 MW courant décembre, sous réserve du niveau d’ensoleillement », a indiqué le responsable de la construction, Stéphane Nosserau.

« Nous importons aussi de l’énergie à partir de la Côte d’Ivoire et à un moment, il y avait des difficultés d’approvisionnement. C’est ainsi qu’on a décidé avec les bailleurs de fonds de doter la Sonabel d’une source d’énergie à partir des panneaux solaires photovoltaïques afin de répondre aux besoins de la population qui s’accroissent de 13 % chaque année », a-t-il expliqué.

Cela va aider à « réduire les délestages », courants dans ce pays pauvre d’Afrique de l’Ouest, où l’électricité demeure une denrée rare pour plus de 80 % de la population, a-t-il souligné.

Une aubaine solaire

Cofinancée par l’Agence française de développement (22,5 millions d’euros) et l’Union européenne (25 millions d’euros), la centrale solaire de Zagtouli est la première d’une série dans ce pays où la majorité des 19 millions d’habitants n’ont pas accès à une électricité fiable, surtout pendant la période de fortes températures.

« À partir de cette centrale, avec les conditions de financement que nous avons, le prix du kWH est nettement moins cher par rapport à la production thermique, ce qui permettra de réduire les charges de fonctionnement et d’exploitation que nous avons au sein de la Sonabel », a indiqué M. Nana.

L’énergie produite par la centrale solaire de Zagtouli coûtera environ 45 francs CFA (7 centimes d’euro) le kilowatt/heure (KWH), soit trois fois moins chère que l‘électricité produite par les centrales thermiques, qui coûte 145 francs CFA, a soutenu le directeur d’exploitation de la Sonabel, Daniel Sermé.

« Cette centrale pilote va permettre aussi à la Sonabel d’avoir de l’expertise en terme de technologie solaire photovoltaïque, de créer des emplois et de jeter les bases pour aller vers les énergies renouvelables, avec une source de production fiable », poursuit-il.

Pays très ensoleillé, avec 5,5 kilowatts/heure par mètre carré et par jour, le Burkina envisage de couvrir d’ici à 2030 30 % de ses besoins en électricité avec le solaire.

Ces dernières années, le pays a dû importer environ 30% de son électricité de Côte d’Ivoire, mais l‘énergie solaire pourrait aider le pays à devenir « autosuffisant », estime M. Saidou Nana.

Au regard de l’aubaine que constitue l‘énergie solaire pour le Burkina Faso, une extension de 17 MW est prévue sur le site de Zagtouli, pour atteindre une production totale de 50 MW.

D’autres projets sont prévus, notamment deux centrales solaires à Koudougou (20 MW) et à Kaya (10 MW).

Avec AFP

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