Des magistrats gabonais ont dénoncé les « interférences intempestives » du pouvoir exécutif dans leur travail, qui portent atteinte à « l’indépendance de la justice », selon eux.

La convocation d’un magistrat instructeur par le ministre de la Justice a provoqué le courroux du Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag).

« Il lui a été ordonné de se rendre nuitamment au ministère de la Justice afin de fournir des explications sur les raisons qui ont motivé la mise en liberté provisoire de l’inculpé », a tonné le président du syndicat, M. Nguema Ella, évoquant, lors d’une conférence  de presse tenue mercredi 6 décembre au palais de justice de Libreville, le cas d’un « magistrat, instructeur dans une affaire qui intéresse certainement le pouvoir exécutif ».

« Le ministre se serait livré à un interrogatoire humiliant, rabaissant, allant jusqu’à accuser le magistrat d’avoir perçu des sommes d’argent en contrepartie de cette mise en liberté », a-t-il poursuivi, sans donner d’autre précision sur l’affaire en question.

«Au nom de quoi, si ce n’est de l’insolence, de l’irrespect qu’il porte aux magistrats, de l’instrumentalisation caractérisée de la justice et de la mise aux ordres de l’appareil judiciaire se l’est-il permis», voudrait savoir le Synamag

Toujours selon le syndicat, le ministre aurait également brandit la menace de suspension du magistrat. « Les juges ne sont soumis dans l’exercice de leurs fonctions qu’à l’autorité de la loi », a rappelé le Synamag, citant la Constitution gabonaise.

Le syndicat raccuse le ministre de la Justice, Francis Nkéa, d’avoir bravé «l’autorité des lois dans l’impudicité la plus absolue».

Fin novembre, le même syndicat avait déjà interpellé le ministère de la Justice « sur l’impérieuse nécessité de cesser toute immixtion, toute ingérence, toute intervention qui seraient de nature à mettre à mal l’indépendance de la justice ».

Il avait également fortement contesté des nominations du Conseil supérieur de la magistrature (CSM). Le Syndicat national des magistrats du Gabon (Synamag) a, au courant de cette année, observé deux mots d’ordre de grève pour l’amélioration de leurs conditions de travail et de vie.

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