Le Niger s’est retiré de l’Initiative pour la Transparence des Industries Extractives (ITIE) qui l’avait « suspendu » fin octobre « pour progrès insuffisants », a annoncé dimanche la radio nationale.

« Le Niger ayant trouvé que cette décision est injuste a quitté l’ITIE », a révélé le ministre nigérien des Mines, Hassane Barazé Moussa devant les députés.

Cette « désaffiliation » a été notifiée aux instances de l’ITIE « par lettre du 25 octobre 2017 », a précisé le ministre dont les propos sont rapportés par la radio.

Le ministre, attribue la « suspension » du Niger » au fait que le Conseil d’administration de l’ITIE s’est « mêlé d’une affaire judiciaire au Niger » en établissant « un lien entre l’arrestation de certains acteurs de la société civile » et « l’affaire uraniumgate », révélée mi-février dans la presse.

Il s’agit de la vente présumée douteuse à travers de multiples intermédiaires d’uranium nigérien.

Un Collectif de la société civile avait déposé une « plainte contre X ». Au lieu de « travailler sur le rapport 2014 » l’ITIE a « contre toute attente glissé sur certaines questions d’actualité ayant défrayé la chronique au Niger » dont « l’affaire uraniumgate », a dénoncé M. Barazé Moussa.

Cette vente avait donné lieu à un virement de 319 millions de dollars (297 millions d’euros) des comptes à Paris d’une société publique nigérienne vers un compte à Dubaï, selon le collectif de la société civile.

Selon le journal le Courrier, plusieurs noms de sociétés, dont celui du groupe nucléaire français Areva, apparaissent dans l’affaire.

Le Conseil d’Administration de l’ITIE a « suspendu » le Niger « pour progrès insuffisants », notamment en matière de « divulgation des contrats » et de non-respect de « publication des données » sur les versements de dividendes au profit des zones minières.

Il est également reproché au Niger « la restriction de l’espace » pour la société civile, en lien avec de récentes arrestations d’acteurs s’intéressant au secteur minier.

Lancée en 2002, l’ITIE est devenue une norme internationale visant à assurer une meilleure transparence dans la gouvernance des industries extractives. Le Niger y a adhéré en 2007 après des réformes du cadre légal dont l’adoption du Code minier de 2006 et « des principes de transparence » et de « bonne gouvernance » dans le secteur minier dans sa Constitution.

Grand producteur d’uranium depuis près de 50 ans, le Niger est devenu un petit producteur d’or en 2004 et de pétrole en 2011.

romandie.com

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