Longtemps muet sur un sujet au cœur d’un débat houleux au sein de la classe politique, notamment au Parlement, le président ougandais vient finalement de se prononcer sur le débat relatif à la modification de la constitution. Yoweri Museveni estime qu’il faut faire sauter la limite d‘âge du candidat à l‘élection présidentielle. Non sans arguments.

Un Museveni contre la limite d‘âge du candidat à l‘élection présidentielle. Au cours d’un échange avec une commission de parlementaires au State House (palais présidentiel), le chef de l’Etat ougandais a jugé ce mercredi « anticonstitutionnelle » la limite d‘âge pour la candidature à l‘élection présidentielle, battant en brèche l’idée qu’un homme de 75 ans soit trop vieux pour diriger un pays.

“La politique n’est pas les Jeux olympiques ou le rugby où vous devez vous battre physiquement. La présidence est un rôle directeur », a-t-il déclaré à l’issue de cette rencontre avec les parlementaires.

L’homme d’Etat a également évoqué la prolongation du mandat présidentiel. Question, a-t-il estimé, de donner suffisamment de temps au président pour entreprendre et réaliser des projets de développement. “Pour ces pays avec tous ces problèmes … Cinq ans, c’est juste une blague”, a ajouté le sixième président de l’Ouganda.

Sur les traces de certains de ses collègues africains ?

Une telle plaidoirie digne d’un avocat est loin d‘être anodine pour celui qui dirige l’Ouganda d’une main de fer depuis 1986. L’article 102 de la Constitution ougandaise stipule qu’un candidat à l‘élection présidentielle doit être âgé d’au moins 35 ans et d’au plus 75 ans. La disposition est donc défavorable au successeur de Tito Okello qui atteindra 76 ans lors de la présidentielle de 2021.

De quoi imaginer jusqu‘à quel point Museveni tient comme à la prunelle de ses yeux, à rester au pouvoir. À l’image de nombreux de ses pairs africains qui, « bloqués » par des verrous constitutionnels, ont utilisé le stratagème pour briguer et gagner un mandat présidentiel supplémentaire.

Et comme dans ces pays où il y a eu un débat similaire, la modification de la constitution est loin de passer comme lettre à la poste en Ouganda. Le 26 septembre dernier par exemple, une bagarre générale et sauvage a éclaté au sein même du Parlement ougandais à cause de cette question sur la suppression de la Constitution de la limite d‘âge du candidat à la magistrature suprême.

Quitte à susciter des craintes sur un éventuel passage en force à l’instar de plusieurs dirigeants africains ayant refusé de se rendre à l‘évidence constitutionnelle.

Africanews

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